Tout le monde le sait, en plus d'être l'homme le plus riche du monde, Bill Gates est également le plus adulé. Sa personnalité, son sens de la discrétion et sa faible exposition l'ont érigé en une sorte de surhomme planétaire qui attise toutes les convoitises.
En lisant l'article de 01net qui relate son départ de FaceBook (où il garde toute de même un bon paquet d'actions), j'ai évidemment fait le rapprochement avec ce billet que j'avais posté en 2005 quelques temps après notre rencontre au Symposium DNG. Avec ce billet qui montre simplement le scan d'une lettre de remerciements envoyée par ses services et signée par lui, j'ai vraiment pris la teneur de sa popularité. Je n'attache habituellement pas beaucoup d'importance au lien éphémère que l'on peut avoir lors d'une rencontre, aussi sincère soit-elle, avec les grands de ce monde. Le phénomène de starification (plus chère aux pays anglos-saxons qu'en France d'ailleurs où on tient à une certaine pudeur) m'a toujours un peu gêné.
Mais toujours est-il qu'il ne se passe par une semaine où ce billet ne reçoive de commentaires de familles, d'enfants désoeuvrés, persuadés que je suis Bill Gates l'ayant simplement côtoyé le temps d'une interview. Il m'arrive de les lire, même si avec le temps et la lassitude, je finis par les ignorer. Mais nul n'étant insensible, j'imagine parfois toute la détresse que peut ressentir quelqu'un qui souhaite absolument quémander, discuter ou échanger ne serait-ce qu'un instant avec le moins commun des mortels. J'imagine également ce que peut ressentir l'homme Bill Gates lorsque 10.000 amis cherchent à tout prix à le contacter sous FaceBook pour les raisons qu'on connait tous.
Peut-on rester insensible à certains de ces messages ? je ne sais pas. Je ne suis pas Bill Gates, et c'est finalement mieux comme ça.
